mercredi 18 octobre 2017

Seuls sont les indomptés ★★★★★♥ de Edward Abbey

Superbe lecture, superbe plume, une troisième rencontre avec Edward Abbey qui se solde de nouveau par «Waouh» ! 

Je continue de marcher sur les pas d'Edward Abbey. Après «Le feu sur la montagne», sublime et «Désert solitaire», et bien, sublime aussi !, j'ai voulu découvrir ses premiers écrits, comment il avait commencé, quels furent ses premières pensées couchées sur papier. Mettait-il déjà en exergue la force d'une amitié solide ? Décrivait-il déjà si merveilleusement bien les grands espaces sauvages qu'il affectionnait tant ? Avions-nous déjà envie de chevaucher aux côtés de ces personnages aux caractères bien trempés, avides de libertés, de les suivre dans leur combat face à la modernité omniprésente et destructrice ? Sentions-nous déjà la rage qui les animent devant les désastres engendrés par le progrès ?  Allais-je être de nouveau chamboulée, bouleversée par ses mots ? Force est de constater que oui ! 

Edward Abbey distille amour et bienveillance, il allie subtilement poésie et colère, dissémine des touches d'humour et d'ironie pour alléger la rage qui anime ses personnages. En l’occurrence, dans cet opus, Jack Burns, cow-boy solitaire, un indompté au coeur tendre, un réfractaire qui aspire à un mode de vie en osmose avec la Nature, sans artifice, dans des endroits où l'homme blanc n'a jamais mis les pieds (en dehors des toilettes pour femmes !), un Professionnel de la débrouille, prisonnier de la réalité, en quête d'un tunnel pour retourner dans son univers onirique de gamin, un monde de grands espaces, de chevaux et de soleil. Mais un homme dévoué à son ami, Paul Bondi. Ils ont tous deux déjoué la loi militaire en vigueur sur le territoire américain en ne s'inscrivant pas à la conscription en septembre 1948. Paul a été rattrapé par la justice et mis en cellule pour quelques années. Jack chevauchera alors des journées entières à travers les plaines du Nouveau-Mexique pour rejoindre la ville, et tenter de libérer son ami. S'en suivront des dialogues forts et poignants entre les deux hommes, chacun ayant suivi un chemin différent depuis l'époque où ils étaient étudiants, et ayant ainsi une vision divergente de la vie, de la justice, des obligations. L'un est prêt, a toujours été prêt à tourner le dos à la justice, libre de penser, d'agir, de choisir par lui-même; l'autre, davantage philosophe, et plus à même d'emprunter le chemin vers le conformisme.
« - [...] Chaque fois que je me retrouve en cabane, je ne pense qu’à une chose.- À sortir ?- Exact.Tu ne seras jamais philosophe, dit Bondi. Pas à ce rythme-là. Seul un philosophe peut transcender ces barreaux et ces murs sans quitter son corps. Ni même ouvrir les yeux.  Malgré la surprise et le ravissement de ces retrouvailles, Bondi avait conscience de la présence d'une troisième partie, le moniteur objectif de son cerveau, qui inspectait et jaugeait avec un certain détachement critique, l'apparence, le discours et les réactions de son vieil ami. Il semblait un peu lent, remarqua le moniteur, comme émoussé par trop de vent, de soleil, et de n'avoir eu pour compagnie que des animaux - comme s'il n'avait pas encore totalement de son rêve du loup sauvage, avec son rocher et son ombre noir. Une concentration artificielle au sein du monde naturel.Je serais peut-être jamais philosophe, admit Burns. Mais il y a une chose pire encore, une seule. C’est que toi t’en seras toujours un. »
La suite nous embarque dans une chasse à l'homme sans merci, une traque haletante, démente, inimaginable. On ne joue pas avec le gouvernement américain, l'obéissance est due, toute forme de rébellion, tout manquement aux règles met le feu aux poudres, une fois l'engrenage de la répression lancé, il est difficile de le contrer, de le stopper... Ce roman a finalement traversé le temps sans prendre une ride ;-)

Merci Edward Abbey, merci aux éditions Gallmeister de nous offrir cette pépite ... et tant d'autres.

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«Comme tous les bêtes cow-boys d'aujourd'hui et d'hier,ils se nourrissaient de sable, de cactus et de gnons,et le jour de la paye d'une pute qui sent l'oignon.
Le silence était intense, brûlant, infini. L'homme entendait ce silence, ou ce qui semblait être la musique de ce silence, le chant du sang dans ses oreilles.
Il regarda au sud : le sommet de la montagne s’incurvait vers l’est, puis de l’ouest, descendait en paliers tranquilles dans l’ombre de Scissors Canyon à vingt kilomètres. Au-delà se dressaient les pics pyramidaux, bleus et embrumés des Manzano et une chaîne de montagnes indomptées qui s’étirait sur cent kilomètres vers le Mexique. Burns scruta au sud, loin au sud, jusqu’à ce que sa vue se trouble de désir impatient, et que le pincement de son cœur lui remonte dans la gorge.
Le soleil était maintenant bas sur l'horizon occidental, globe de feu s'enfonçant entre les cônes noirs de deux volcans éteints : une immense onde de lumière recouvrait le désert, noyant les peupliers de Virginie, les masures d'adobe, les saules roux des berges des canaux, se déversant sur la mesa, se mélangeant au fer et au granit des escarpements montagneux à quinze kilomètres de distance.
De l’autre côté du fleuve, à des kilomètres de là, la ville attendait, s’ébrouait doucement et en silence - vagues volutes de fumée et de poussière, éclats d’objets en mouvement renvoyant le soleil, ombres mouvantes - pas complètement réveillée et trop lointaine pour se faire entendre. Dans la lumière du petit matin, vue depuis l’ouest par l’homme adossé à son genévrier, la ville était une flaque d’ombre bleu-gris indistincte, aux marges floues, aux extrémités sud et est invisibles, toutes fondues sous les vastes ailes de l’ombre des Sangre Mountains.
Car bien sûr, c'est un cauchemar. J'en déteste chaque minute. J'en suis profondément malade - mais je ne peux pas fuir. J'ai trop d'engagements à tenir, trop de faiblesses, trop d'idées optimistes. [...] Optimistes ? continua-t-il. Non, pas vraiment. Je n'imagine pas le monde s'améliorer. Comme toi, je le vois plutôt empirer. Je vois a liberté qu'on étrangle comme un chien, partout où mon regard se pose. Je vois mon propre pays crouler sous la laideur, la médiocrité, la surpopulation, je vois la terre étouffée sur le tarmac des aéroports et le bitume des autoroutes géantes, les richesses naturelles vieilles de milliers d'années soufflées par las bombes atomiques, les autos en acier, les écrans de télévision et les stylos-billes. C'est un spectacle bien triste. Je ne peux pas t'en vouloir de refuser d'y prendre part. Mais je ne suis pas encore prêt à battre en retraite, malgré l'horreur de la situation. Si tant est qu'une retraite soit possible, ce dont je doute.
Que faites-vous dans la vie ? J'établis une métaphysique fondée sur la théorie des plans de réalité unipolaire, ai-je dit. Vous pourriez répéter ? ont-ils demandé. Ce serait redondant, ai-je répondu.- Et c'est là qu'ils t'ont foutu en prison, dit Burns. Je peux franchement pas leur en vouloir.- Non, pas tout à fait. Ils ne comprenaient pas ce qui clochait, chez moi, ni ce contre quoi je m'élevais. L'obéissance est une telle habitude fondamentale dans l'esprit américain contemporain que toute forme de désobéissance est considérée comme une sorte de folie.
Parce que je suis un anarchiste, je ne suis pas seulement un anarchiste jeffersonien. Je suis aussi un anarchiste cynique. Pourquoi ? Parce que je perçois clairement le désespoir total des idéaux anarchistes : tout est contre eux - la pression massive de la surpopulation, l'industrialisation, la militarisation, le poids des sentiments, l'élan de l'histoire. Une cause perdue. Une cause jamais trouvée, si je puis dire, même. En voie de d'extinction en Amérique à l'instant même de sa naissance : Thoreau, le mythe de la Frontière, la Première Guerre mondiale...Bref, Jack, en résumé, mon anarchisme n'est que sentimentalisme. En pratique, je suis un bon citoyen, : je siège à divers comités, je vote aux élections, je me présenterai un jour au conseil d'administration de l'école.
Bondi resta sur sa paillasse sans rien dire, sans rien dire à voix haute, occupé qu’il était à écorcher son âme, à essayer d’examiner sous le scalpel stérile de la logique les entrailles molles luisantes veinées de bleu de son esprit.
En silence et à la hâte, ils se mirent à l'ouvrage sous l'oeil du gardien posté sur le seuil, si distant à l'abri de son pouvoir et de son autorité, si présent dans sa menace.
- Mais Jack...(Jerry hésita:) Tu vas revenir, pas vrai ?- Bien sûr. Quand je serai plus qu'un visage placardé sur des murs de bureaux de poste, je reviendrai en douce. Tu me verras arriver sur la mesa, un soir, quand tout sera calmé.- Ne dis pas des choses pareilles. Tu sais bien que tu ne peux pas continuer ainsi...Tu vis au XXème siècle.- Je n'accorde pas ma vie en fonction des chiffres sur un calendrier.- C'est ridicule, Jack. Tu es un animal social, que ça te plaise ou non. Tu dois faire des concessions...Ou ils vont te traquer comme un ... comme un... Qu'est-ce que les gens traquent, de nos jours ?- Les coyotes. Avec des fusils de cyanure. [...] Je ferais mieux de me magner.
Le vent soulevait la poussière autour d'eux - il sentait les parfums de sel de roche et de silex, les fumets de fougère en décomposition, la résine des pins en contrebas - et fouette les petits trembles, les saupoudra, homme et cheval, de petites feuilles mortes, sèches et dorées.
De l'arroyo noir s'éleva le cri du cheval [...] tandis que sur la vaste quatre voies à côté d'eux, les voitures rugissaient, sifflaient et tonnaient, acier,caoutchouc et chair, visages sombres derrière les vitres, coeurs battants, mains froides - la folie des  hommes et des femmes emmurés dans leurs machines.»
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Quatrième de couverture

Au milieu des années 1950, Jack Burns reste un solitaire, un homme hors du temps. Il s’obstine à parcourir le Nouveau-Mexique à cheval, vit de petits boulots et dort à la belle étoile. Lorsqu’il apprend que son ami Paul vient d’être incarcéré pour avoir refusé de se soumettre à ses obligations militaires, Jack décide de se faire arrêter. Retrouver Paul en prison et s’évader ensemble, tel est son plan. Mais il n’imaginait pas que son évasion déclencherait une traque d’une telle ampleur. Nul ne peut impunément entraver la marche de l’ordre et du progrès.

Seuls sont les indomptés est un chef-d’œuvre d’Edward Abbey, auteur insoumis et emblématique de l’Ouest américain, qui dévoile avec cette échappée sauvage le prix à payer pour la liberté.

Editions Gallmeister, juin 2015
350 pages
Traduit de l'anglais par Laura Derajinski et Jacques Mailhos 
Parution originale The Brave Cowboy, 1956

Edward Abbey (1927-1989) est né dans la ville d'Indiana, en Pennsylvanie, le 29 janvier 1927. En 1944, âgé de dix-sept ans, il quitte la ferme familiale pour aller à la découverte de l'Ouest américain : il tombe amoureux du désert, un amour qui l'animera sa vie durant. Après un bref séjour dans l'armée en Italie entre 1945 et 1947, il rejoint l'université où il rédige une thèse sur "L'anarchie et la moralité de la violence". Il commence à travailler en tant que ranger dans divers parcs nationaux américains et passe notamment deux saisons au parc national des Arches dans l'Utah. Cette expérience lui inspirera son récit Désert solitaire publié en 1968.
Le succès de ce livre et du roman Le Gang de la clef à molette, paru en 1975, ont fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d'une prise de conscience écologique aux États-Unis. En 1987, il se voit offrir l'un des prix littéraires les plus prestigieux de l'Académie américaine des arts et des lettres. Mais il déclinera cet honneur : il avait prévu la descente d'une rivière de l'Idaho la semaine de la cérémonie de remise du prix… Il meurt en 1989 à l'âge de soixante-deux ans des complications d'une intervention chirurgicale. Il laissera derrière lui une femme et quatre enfants, une douzaine de livres et un message pour la postérité : "No comments." Il demanda à être enterré clandestinement dans le désert par ses proches. Aujourd'hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

À PROPOS DU LIVRE

Le livre a été adapté en 1962 au cinéma par David Miller, avec Kirk Douglas et Gena Rowlands dans les rôles principaux.

DANS LA PRESSE

Force est de reconnaître la formidable puissance d'évocation de l'écriture d'Abbey, mais surtout une mise en perspective qui sera une des constantes de son œuvre.
Lionel Destremau, LE MATRICULE DES ANGES

Une chasse à l'homme impitoyable dans les montagnes désertiques du Nouveau-Mexique.
Emmanuel Romer, LA CROIX

LES LIBRAIRES EN PARLENT

Un hymne à la liberté! Il est des formules tellement usées qu'elles en perdent leur signification. Seuls sont les indomptés redonne à celle-ci tout son sens.
Point Virgule - Namur - Belgique

C'est une bombe ! Un Edward Abbey inédit en France, sorte de post-western libertaire et écologiste, doté d'un cow-boy hors du temps qui défie l'entêtante avancée du monde moderne. 
Le Bal des ardents - Lyon

Si une petite visite sur site des éditions Gallmeister vous tente, c'est par ici.

mercredi 11 octobre 2017

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? ★★★★☆ de Jeanette Winterson


Une couverture et un titre qui m'ont fait de l’œil, une auteure que je connaissais pas, et au final une belle découverte, très émouvante, le récit d'une enfance douloureuse, volée «J'ai grandi comme dans tous ces romans de Dickens où la vraie famille est celle qu'on s'invente ; ces gens avec qui se nouent, dans la durée, des liens d'affection profonds deviennent votre famille.», mais aussi celui d'un combat, le combat d'une femme audacieuse, qui a puisé force et santé dans la littérature et la créativité, qui a su se libérer, se forger sa propre identité, prendre son destin en main «L'existence n'est qu'une question de seconde chance et tant que nous serons en vie, jusqu'à la fin, il restera toujours une autre chance.» et poursuivre son chemin, sa quête du bonheur, une quête qui «dure toute la vie et n'est pas tenue par l'obligation de résultat.»

Une introspection salvatrice pour l'auteure; car son histoire se dénoue dans le pardon et non dans règlement de compte ou la tragédie. «J'ai remarqué que pour moi le pardon était important. J'ai eu une vie assez mouvementée. Je savais que mes parents ne me pardonneraient jamais ce que j'avais fait, mais il est venu un moment où je devais leur pardonner. C'est un choix que j'ai fait, sachant qu'il n'y aurait pas de réciproque, et ne désirant peut-être pas qu'il y en ait.»

Jeanette Winterson nous livre une autofiction passionnante à la portée universelle.
Un très beau message d'espoir empreint d'une grande sensibilité.
«C'est vrai, les histoires sont dangereuses, ma mère avait raison. Un livre est un tapis volant qui vous emporte loin. Un livre est une porte. Vous l'ouvrez. Vous en passez le seuil. En revenez-vous ?»
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«La fiction est la poésie sont des médicaments, des remèdes. Elles guérissent l'entaille pratiquée par la réalité sur l'imagination.
Mon père était malheureux. Ma mère était dérangée. Nous étions des réfugiés dans notre propre vie..
Je ne suis pas une fanatique des supermarchés et je déteste y faire mes courses [...] Je dois cette détestation surtout au fait qu'ils ont réduits à néant cette vie locale si intense. Aujourd'hui, l'apathie qui s'est infiltrée dans notre existence n'est pas que la conséquence d'un boulot ou de programmes télé chiants, mais de la perte de cette vie locale, les commérages, les rencontres, ces journées palpitantes, chaotiques, bruyantes où tout le monde est le bienvenu, avec ou sans argent. Et si vous n'aviez pas les moyens de chauffer votre maison, vous pouviez toujours aller au marché couvert. Tôt ou tard, quelqu'un vous paierait une tasse de thé. C'était comme ça.
Peu à peu, je me suis aperçue que j'avais de la compagnie. Les écrivains sont souvent des exilés, des marginaux, des fugueurs et des parias. Ces écrivains étaient mes amis. Chaque livre était une bouteille à la mer. Il fallait les ouvrir.
Le seul et unique cours d'éducation sexuelle auquel nous ayons eu droit à l'école ne concernait pas du tout le sexe, mais l'économie sexuelle. Nous devions payer notre part parce que la modernité l'exigeait, mais nous devions donner l'argent au garçon pour qu'il puisse être vu en train de payer. [...] L'enseignante a appelé ça la fierté masculine, je crois. Je me suis dit que c'était la chose la plus idiote que j'aie jamais entendue ; la théorie de la terre plate appliquée aux relations sociales.
Quand j'ai connu le succès, plus tard, et qu'on m'accusait d'arrogance, j'aurais voulu traîner à Accrington tous ces journalistes qui n'y comprenaient rien, et leur montrer que pour une femme, une femme de la classe ouvrière, vouloir être écrivain, un bon écrivain, et croire que l'on avait assez de talent pour cela, ce n'était pas de l'arrogance ; c'était de la politique.
J'aime l'idée que l'ordre procède de l'amour.Je comprenais, de manière tout à fait obscure, qu'il me faudrait trouver le point où ma propre vie pourrait se réconcilier avec elle-même. Je savais que cette quête était liée à l'amour.
La psyché est tellement plus raffinée que ce que la conscience nous laisse en percevoir. Nous enterrons les choses si profondément que l'on ne se souvient plus qu'il y avait quelque chose à enterrer. Notre corps s'en souvient. Nos crises névrotiques s'en souviennent. Mais pas nous.
Du coup quand les gens disent que la poésie est un luxe, qu'elle est optionnelle, qu'elle s'adresse aux classes moyennes instruites, ou qu'elle ne devrait pas être étudiée à l'école parce qu'elle n'est pas pertinente ou tout autre argument étrange et stupide que l'on entend sur la poésie et la place qu'elle occupe dans notre vie, j'imagine que ces gens ont la vie facile. Une vie difficile a besoin d'un langage difficile - et c'est ce qu'offre la poésie. C'est ce que propose la littérature - un langage assez puissant pour la décrire. Ce n'est pas un lieu où se cacher. C'est un lieu de découverte. 
A cette époque, mon seul répit était d'aller à Paris me cacher dans la librairie Shakespeare & Company. [...] J'étais en sécurité. J'étais entourée de livres...je ne me sentais plus hantée. Ces moments ne duraient pas mais ils étaient précieux.





La créativité se tient du côté de la santé - ce n'est pas elle qui vous rend fou; elle est cette force interne qui tente de nous sauver de la folie.
N'avoir pas même dit adieu,

Ni murmuré l'appel le plus doux 
Ni exprimé le souhait d'entendre une parole, alors que moi 
Je voyais le matin durcir sur la paroi, 
Impassible, ignorant
Que ton grand départ
Avait lieu en cet instant, altérant tout.
Thomas Hardy
Le poème trouve le mot qui trouve l'émotion.
J'ai tenté d'expliquer mon projet. Je suis un écrivain ambitieux - je ne vois pas l'intérêt d'être quoi que ce soit, ou plutôt devenir quoi que ce soit, si l'on n'a pas l'ambition nécessaire pour y parvenir. 1985 ne marquait pas l'année de mes mémoires - et de toute façon, ce n'était pas ce que j'avais écrit. J'essayais d'échapper à l'idée reçue selon laquelle les femmes écrivent toujours sur « l'expérience » - dans la limite de ce qu'elles connaissent - contrairement aux hommes qui écrivent sur ce qui est grand et audacieux - le grand schéma des choses, l'expérimentation avec la forme. Henry James a mal interprété les propos de Jane Austen lorsqu'elle a déclaré écrire sur dix centimètres d'ivoire - comprendre d'infimes miniatures observatrices. On a dit à peu près la même chose d'Emily Dickinson et de Virginia Woolf. Ces commentaires me mettaient hors de moi. A près tout, pourquoi ne pourrions-nous pas réconcilier expérience et expérimentation ? Pourquoi ne pourrions-nous pas réconcilier observation et imagination ? Pourquoi une femme devrait-elle être cantonnée à quoi que ce soit ou par qui ce soit ? Pourquoi une femme ne devrait-elle pas avoir d'ambition littéraire ? D'ambition personnelle ? 
Les enfants adoptifs s'inventent parce qu'ils n'ont pas d'autre solution; leur existence est marquée dès le départ par une absence, un vide, un point d'interrogation. Un pan déterminant de leur histoire disparaît, aussi violemment que si une bombe avait été logée au creux de ce ventre bombé.
Je crois à la fiction et au pouvoir des histoires parce qu'ils nous donnent la possibilité de parler de nouvelles langues. De ne pas être réduits au silence. [...] J'ai eu besoin des mots parce que les familles malheureuses sont des conspiration sud silence. On ne pardonne jamais à celui qui brise l'omertà. Lui ou elle doit apprendre à se pardonner.
Manchester ... On la surnommait Cotonopolis.Imaginez-la - les gigantesques usines qui fonctionnaient à la vapeur, éclairées au gaz, et jetées entre elles, les rangées de maisons ouvrières adossées les unes aux autres. La crasse, la fumée, la puanteur de la teinture et de l'ammoniaque, du soufre et du charbon. L'argent, le travail qui continue de nuit comme de jour, le bruit assourdissant des filatures, des trains, des trams, des chariots sur les pavés, de l'activité humaine grouillante, incessante, un enfer du Nibelheim, et le labeur triomphal de la  force ouvrière et de la détermination.Tous ceux qui ont connu Manchester ont été admiratifs autant que consternés. Charles Dickens a fait d'elle le soubassement de son roman Les Temps difficiles; on y vivait les moments les pires mais aussi les meilleurs - tout ce que la machine pouvait accomplir s'accompagnait d'un coût humain terrifiant.
Pourquoi l'amour se mesure-t-il à l'étendue de la perte ?» 
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Quatrième de couverture

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?
Étrange question, à laquelle Jeanette Winterson répond en menant une existence en forme de combat. Dès l’enfance, il faut lutter : contre une mère adoptive sévère, qui s’aime peu et ne sait pas aimer. Contre les diktats religieux ou sociaux. 
Ce livre est une autobiographie guidée par la fantaisie et la férocité, mais c’est surtout l’histoire d’une quête, celle du bonheur. «La vie est faite de couches, elle est fluide, mouvante, fragmentaire», dit Jeanette Winterson. En racontant sa trajectoire hors du commun – de la petite fille issue du prolétariat de Manchester à l’écrivain reconnu –, elle rend hommage à toutes les femmes engagées dans la bataille pour leur liberté.

Née en Angleterre en 1959, Jeanette Winterson a connu le succès dès la parution de son premier roman, Les oranges ne sont pas les seuls fruits (réédité aux Éditions de l’Olivier en 2012). Couronnée de prix, elle devient une figure du mouvement féministe. De romans baroques en essais sur l’identité sexuelle (Le Sexe des cerises ou Powerbook), elle a imposé sa voix singulière dans la littérature britannique.


«Les livres de Jeanette Winterson, apatrides et sans visage, brillent des multiples reflets de la grande Albion : la majesté de Shakespeare, l’absolutisme de Lawrence, le calme de Woolf ou la farce de Chaucer. C’est une magicienne.»
Ali Smith, The Scotsman

Editions de l'Olivier, mai 2012
268 pages
Traduit de l'anglais par Céline Leroy
Parution originale Why Be Happy When You Could Be Normal ?, 2011

Née à Manchester en 1959, Jeanette Winterson n'a que vingt-six ans lorsqu'elle obtient le prix Whitbread 1985 pour Les oranges ne sont pas les seuls fruits, un premier roman poétique, insolent et très autobiographique. Elle est l'auteur de plus d'une quinzaine d'ouvrages dont Écrits sur le corps (Plon, 1993), Le Sexe des cerises (Plon, 1995), Art et Mensonges (Plon, 1998), Garder la flamme (Melville, 2006). Powerbook (l'Olivier, 2002) a été adapté au théâtre par Deborah Warner (théâtre national de Chaillot, en 2003).

mercredi 4 octobre 2017

Dans la forêt ★★★★★ de Jean Hegland

Une histoire passionnante, si émouvante et si belle. Étiquetée science-fiction, cet opus s'apparente davantage au Nature Writing. La raison qui pousse cette région du monde dans le chaos n'est qu'un prétexte pour nous emmener sur un tout autre chemin, loin du paysage de désolation que l'on pourrait s'attendre à arpenter quand une catastrophe s'abat sur un peuple. Le chaos est bien présent, il n'y a plus d'électricité, donc plus de téléphone, plus d'internet.

La survie est certes au coeur de cette histoire. Mais elle est d'une beauté inattendue ... elle sonne comme un renouveau, un retour aux sources, à l'essentiel, une main tendue vers la nature si offrante et si riche, une communion avec dame nature. Elle est un concentré d'humanité, d'une richesse inouïe, une touchante et belle balade dans la forêt, découvrant à travers les yeux de Nell, la narratrice, tout ce que les plantes, les fleurs, les arbres peuvent fournir pour soulager les maux et les traumatismes, tous les bienfaits qu'ils peuvent procurer, et que nous avons oubliés, ou jamais imaginés.  «Et comment des buissons ou des fleurs ou des mauvaises herbes peuvent-ils nous nourrir, nous vêtir, nous guérir ? Comment ai-je pu vivre ici toute ma vie et en savoir aussi peu ?» «J'ai vécu dans une forêt de chênes toute ma vie, et il ne m'est jamais venu à l'idée que je pouvais manger un gland.» Et la forêt que parcoure Nell, devient la nôtre, un peu, aussi, et avec elle nous la démêlons.

La souffrance, la perte des êtres aimés, les relations amoureuses, celles fraternelles, la littérature, la résistance, les choix de vie...sont autant de thèmes abordés également dans ce livre. J'ai envie de m'attarder un peu plus sur la relation entre ces deux sœurs, Nell et Eva, les deux héroïnes, auxquelles je me suis inévitablement attachée. Elles incarnent toutes les deux le courage, la force face à l'adversité, à l'hostilité, chacune à leur manière; Nell est autant raisonnable que sa sœur est insouciante. Aux relations fusionnelles de l'enfance, se sont succédé des relations plus distantes l'adolescence approchant, voire conflictuelle. L'amour les unit, il aura raison de ces conflits, et les aidera dans leur quotidien. «Je l'aimais tant - ma douce, douce sœur -, j'aimais en elle tout ce que j'avais jamais aimé, j'aimais tout ce que je savais d'elle et tout ce que je savais ne pouvoir jamais atteindre, j'aimais cette danseuse, cette femme belle sous mes mains, cette sœur avec qui j'avais autrefois peuplé une forêt, cette sœur avec qui j'avais souffert tant de choses, cette sœur que je ne pourrais quitter ni pour l'amour, ni dans la mort.»

Éblouissante et inspirante lecture, un vrai bonheur, une ode à la nature, une belle leçon de vie à découvrir et à méditer !

Merci Jean Hegland, votre écriture est belle, fluide, elle m'a touchée en plein coeur, et le message que vous avez su si bien portez sur la survie de l'humanité en se rapprochant de la nature résonne et résonnera encore longtemps en moi. C'est nourrie de celui-ci que j'arpenterai dorénavant la forêt, agrémentant mes balades d'une nouvelle saveur. MERCI.
«Nous aussi, on tient, ai-je pensé en tamisant la farine infestée de vers, on tient le coup jour après jour, et tout ce qui nous menace, ce sont les souvenirs, tout ce qui me fait souffrir, ce sont les regrets.»
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«Ces jours-ci, nos corps portent nos chagrins comme s'ils étaient des bols remplis d'eau à ras bord. Nous devons être vigilantes tout le temps; au moindre sursaut ou mouvement inattendu, l'eau se renverse et se renverse et se renverse.
Même maintenant, Eva peut user les choses jusqu'au bout. Moi, je veux tout garder, tout consommer à petites doses indéfiniment. Je peux faire durer douze raisins secs ou un vieux sucre d'orge d'un centimètre et demi une soirée entière, prolonge le plaisir comme si c'était une personne âgée qu'on promène dans sa chaise roulante sous le soleil hivernal.
[...]
Je me souviens de m'être débarrassée d'habits déchirés, tachés ou qui n'étaient plus à la mode. Je me souviens d'avoir jeté de la nourriture - d'avoir raclé des monceaux de nourriture de nos assiettes dans le bac à compost - simplement parce qu'elle était demeurée intacte sur l'une de nos assiettes pendant toute la durée d'un repas. Comme je regrette ces corbeilles pleines à ras bord, ces reliefs de plat. Je rêve d'enfourner des sachets entiers de raisins secs, de brûler douze bougies à la fois. Je rêve de me laisser aller, d'oublier, de ne me préoccuper de rien. Je veux vivre avec abandon, avec la grâce insouciante du consommateur au lieu de m'accrocher comme une vieille paysanne qui se tracasse pour des miettes.
C'est incroyable la rapidité avec laquelle tout le monde s'est adapté à ces changements. J'imagine que c'est comme ça que les gens qui vivent par-delà la forêt s'étaient accoutumés à boire de l'eau en bouteille, à conduire sur des autoroutes bondées et à avoir affaire aux voix automatisées qui répondaient à tous leurs appels. A l'époque, eux aussi, ont pesté et se sont plaints, et bientôt se sont habitués, oubliant presque qu'ils avaient un jour vécu autrement.Peut-être est-ce vrai que les contemporains d'une époque charnière de l'Histoire sont les personnes les moins susceptibles de la comprendre. Je me demande si Abraham Lincoln lui-même aurait pu répondre à l'inévitable questionnaire sur les causes de la guerre de Sécession.
Nous savions qu'une crue était fâcheuse et provoquait des ravages. Pourtant, nous ne pouvions nous empêcher d'être saisies d'une étrange exaltation à l'idée que quelque chose hors de notre portée fût suffisamment puissant pour détruire l'inexorabilité de notre routine.
Mon père a toujours méprisé les encyclopédies.- Il n'y a aucune poésie en elles, aucun mystère, aucune magie. Etudier l'encyclopédie, c'est comme manger de la poudre de caroube et appeler ça de la mousse au chocolat. C'est comme écouter des lions rugir sur un CD et penser que tu es en Afrique, se plaignait-il après avoir passé un après-midi à essayer de convaincre la prof de la classe des grands e l'école élémentaire de laisser ses élèves s'initier à la recherche scientifique en élevant des têtards et en cultivant des moisissures plutôt qu'en recopiant des articles de l'encyclopédie.L'éducation, c'est une question de connexions, de relations qui existent entre tout ce qui se trouve dans l'univers, c'est se dire que chaque gosse de l'école primaire de Redwood possède quelques atomes de Shakespeare dans son corps.
C’était comme si le garrot que le chagrin avait posé sur nos vies se desserrait enfin. Père disparaissait encore souvent à l’étage bien avant le coucher du soleil, mais les heures qu’il passait à couper du bois et à jardiner semblaient lui procurer une nouvelle vigueur. Il n’était plus aussi distant qu’il l’avait été, et parfois il rompait son deuil d’une plaisanterie.Pendant ce temps, je lisais – ou plutôt relisais – tous les romans qui se trouvaient dans la maison. J’étais depuis longtemps venue à bout de la dernière pile des livres de la bibliothèque, mes cassettes de langues se taisaient, l’ordinateur était une boîte couverte de poussière, les piles de ma calculatrice étaient mortes, aussi retournais-je aux romans pour me nourrir de pensées et d’émotions et de sensations, pour me donner une vie autre que celle en suspens qui était la mienne.Tout le monde dans ce pays de branleurs est capitaliste, que les gens le veuillent ou non. Tout le monde dans ce pays fait partie des consommateurs les plus voraces qui soient, avec un taux d'utilisation des ressources vingt fois supérieur à celui de n'importe qui d'autre sur cette pauvre terre. Et Noël est notre occasion en or d'augmenter la cadence.
Chaque fois que nous avons ouvert un placard ou un tiroir, je me suis arc-boutée, prête à reculer et à me sauver alors que les souvenirs attaquaient, crotales au bruit de crécelle et aux crochets s'enfonçant dans ma chair. Mais curieusement, même quand ils mordaient, ces souvenirs n'étaient pas venimeux. Cet après-midi, ce qui m'a rendue triste, c'est le peu de choses qu'il reste quand une personne est partie. Quelques photos, un foulard en soir, un carnet de chèques - et où sont-ils, les gens qui possédaient autrefois ces objets ? Dans quelle pince à cheveux ou chemise de travail notre père notre mère résident-ils ?
Mais j'ai appris quelque chose que l'encyclopédie ne sait pas - quand la lune est croissante on peut l'atteindre et tenir délicatement sa courbe externe dans la paume de la main droite. Quand elle est décroissante, elle remplit la paume de la main gauche.
L' ENCYCLOPÉDIE me rappelle que la seule raison d'être d'une fleur, c'est de produire des graines. Toute cette couleur, ce parfum et ce nectar existent uniquement pour transporter le pollen, uniquement pour attirer l'attention des insectes ou profiter du vent. La raison d'être d'une fleur, ce sont ces minuscules taches et boutons anodins et inertes, ces paumes ouvertes pleines de chromosomes qui nous nourriront peut-être un jour.
J’en ai le souffle coupé. C’est la première fois que nous voyons autant de lumière le soir depuis que la lampe à pétrole a rendu l’âme en crachotant au printemps dernier. Cela change nos voix, donne à nos mots plus de rondeur et de douceur et de plénitude, avec une pointe de crainte révérencielle. Pures et sans fumée, les flammes oscillent et bondissent comme des danseurs autour de leurs mèches noires et raides, et tout dans la pièce paraît chaud et tendre. Mes yeux s’emplissent de larmes, et je continue de fixer ces langues brillantes, ces pétales de feu.
Petit à petit je démêle la forêt, attache des noms aux plantes qui la peuplent. Les feuilles que nous utilisons comme papier toilette sont des feuilles de molène. La plante avec les fleurs comme des pâquerettes qui pousse près de l'atelier est de la matricaire - une cousine de la camomille. L'herbe dans le potager avec les feuilles triangulaires est de la bourse-à-pas-teur. [...] les feuilles des pas-d'âne peuvent nous donner du sel, et les Indiens qui vivaient là autrefois utilisaient la mousse espagnol comme couches pour les bébés, le pavot de Californie comme antidouleur, la farine de gland moisi comme antibiotique.
Les civilisations périclitent, les sociétés s'effondrent et de petites poches de gens demeurent, rescapés et réfugiés, luttant pour trouver à manger, pour se défendre de la famine et des maladies et des maraudeurs tandis que les herbes folles poussent à travers les planchers des palais et que temples tombent en ruine. Regardez Rome, Babylone, la Crète, l’Égypte, regardez les Incas ou les Indiens d'Amérique.
Petit à petit, la forêt que je parcours devient mienne, non parce que je la possède, mais parce que je finis par la connaître. Je la vois différemment maintenant. Je commence à saisir sa diversité - dans la forme des feuilles, l'organisation des pétales, le million de nuances de vert. Je commence à comprendre sa logique et à percevoir son mystère.C'est un besoin physique, plus intense que la soif ou le sexe. Á mi-chemin vers l'arrière gauche de ma tête, il y a un point qui rêve de la secousse d'une balle, qui appelle ardemment ce feu, cette ultime déchirure vide. Je veux être libérée de cette caverne, m'ouvrir au bien-être de ne pas vivre. Je suis lasse du chagrin et de la lutte et des soucis. Je suis lasse de ma sœur triste. Je veux éteindre la dernière lumière.
Pourtant, il y a une lucidité qui nous vient parfois dans ces moments-là, quand on se surprend à regarder le monde à travers les larmes, comme si elles servaient de lentilles pour rendre plus net ce que l'on regarde.»
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Quatrième de couverture

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Magnifiquement écrit et profondément émouvant, ce roman livre un message essentiel. 
SAN FRANCISCO CHRONICLE

Éditions Gallmeister, janvier 2017
302 pages
Traduit de l'américain par Josette Chicheportiche


Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Caroline du Nord. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson. Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au cœur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.