samedi 8 octobre 2016

Une Forêt obscure de Fabio M.Mitchelli*****


Editions Robert Laffont, LA BÊTE NOIRE, septembre 2016
397 pages

Quatrième de couverture


«JE N'AI RIEN D'UN MONSTRE. JE SUIS LÀ UNIQUEMENT POUR NOURRIR L'ESPRIT DE LA FORÊT, EN LUI OFFRANT LA CHAIR DE LA JEUNESSE.» 
Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), 
le monstre d’Anchorage. 

   À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
   En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
   Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.

«UN TALENT IMMENSE.» 
Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur.

«UNE VRAIE BOMBE DANS L'UNIVERS DU THRILLER FRANÇAIS !» 
Sandra Bonnélie, blog « Passion Thrillers ».


CE ROMAN EST LIBREMENT INSPIRÉ DU MEURTRE COMMIS 
PAR LUKA ROCCO MAGNOTTA EN 2012, AINSI QUE DES CRIMES 
DE ROBERT CHRISTIAN HANSEN, QUI A VIOLÉ ET ASSASSINÉ 
17 FEMMES ENTRE 1971 ET 1983.

Fabio M.Mitchelli a été révélé au public par son thriller La Compassion du diable, 
surnommé «le livre bleu». Il est fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXème siècle.

Mon avis ★★★★★


Waouh ! Mais quel sacré bon bouquin ! Quel talent !
Il s'agit bel et bien d'un excellent thriller psychologique, haletant, un «page turner» à ne pas manquer.
Du noir, du glaçant, du suspense, du psychologique bien mordant, une ambiance bien obscure, des personnages haut en couleurs, une intrigue brillamment ficelée ... bref, un cocktail détonant extrêmement efficace !
Laissez-vous hanter par le joyeux "bordel" qui règne à Juneau, suivez ces deux drôles d'enquêtrices, laissez-vous happer par cette sombre ambiance ... vous ne serez pas déçus !
Je remercie vivement Babelio Masse critique, les éditions Robert Laffont et Fabio M.Mitchelli pour cette formidable découverte. Bravo ! Hâte de vous rencontrer Mr M.Mitchelli. 
Merci aussi pour la playlist listée en fin de l'opus, j'avais raté quelques morceaux pendant ma lecture.
Un petit bémol toutefois ... une fin un peu trop ouverte pour moi. Une volonté de ne pas quitter trop vite les personnages ? Une suite prévue ?

«À la nausée que chacun éprouvait se mêlait un sentiment d'irréalité tant les scènes qui défilaient étaient abjectes, inhumaines. Dans un total décalage, l'horreur, illustrée par le morceau True Fauth, interprété par New Order, présentait le crime comme une mise en scène cinématographique. Louise se souvenait très bien du film American Psycho, et cette bande originale incroyable qui avait fait de ce long-métrage un monument dans son genre.Devant l'écran, les visages paraissaient se liquéfier. Louise Beaulieu ne soufflait mot. S'évertuant à observer minutieusement ce que pratiquait l'individu coiffé de la capuche de son pull, elle ressentait de la frustration, de la haine et du dégoût.
Luka souriait. Le plaisir qu'il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L'être qui l'avait dévoré au fil des ans ne lui avait pas laissé aucune chance. La bête noire s'était insinuée en lui, l'avait dissous de l'intérieur. Sa peau reflétait l'horreur qui se déroulait sous ses yeux. La trépidation dense des jeux de lumière se répercutait de l'écran sur son corps, comme un projection diaphane et fantomatique depuis la vidéo que diffusait la bande passante. Les traits de son visage absorbaient les images de sa propre barbarie, son esprit quantifiait les time codes les plus cruels du film dont il était l'auteur. Les séquences de torture lui procuraient la sensation de dominer l'ensemble des espèces vivant à la surface du globe. Il était un prédateur cosmopolite au sommet de la chaîne alimentaire, un fauve urbain qui cherchait constamment à rassasier sa faim de gloire, à étancher sa soif de célébrité dans un monde édifié par les diktats, un monde qui avait décidé de l'ignorer, de faire de lui un individu quelconque, insipide et sans intérêt. Une pièce parmi les pièces du grand système de l'humanité, un rouage de plus limité à sa propre circonvolution.
La mort, dans toute sa noirceur, poussait les êtres dans cette singulière phase de déconstruction et de reconstruction que l'on nommait plus communément le deuil. De la douleur au chagrin, de la tristesse à la mélancolie, de la nostalgie aux souvenirs, jusqu'au jour où l'aube se lève sur une nouvelle idée de la mort, sur l'acceptation du vide, de l'absence, sur le processus d'un lâcher-prise analgésique. Telle la rêverie quasi suicidaire de Lamartine dans «L'isolement» - selon le poète : «Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !» Puis un jour le ciel se dégage et, de nouveau, le chant du monde nous parvient ... »


Forêt nationale de Tongass, Alaska
(Source Wikipedia)

Séance de dédicaces, dans les locaux de Babelio, 10/10/2016
Un bon moment de discussions, une belle rencontre !

Cinélist 

Suspect avec Nicolas Cage (film est basé sur l'histoire entourant le tueur en série Robert Hansen)
Insomnia (2002) avec Al Pacino et Robin Williams (qui se joue en Alaska)


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